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For a Lady Pope

Les femmes de prêtres

C’est un chapitre assez douloureux que celui des femmes de prêtres qui ont vécu ou qui vivent dans la clandestinité. Quand on sait qu’en Occident 30 à 40% de prêtres entretiennent des relations suivies avec une femme, il y a de quoi se poser des questions.

La politique de l’Eglise à l’égard des femmes de prêtres a toujours été empreinte de peu de sollicitude. Heureusement qu’aujourd’hui nous n’en sommes plus au concile d’Augsbourg en 952 pour qui toute  concubine de clerc devait être appréhendée, fouettée et tondue, ou encore aux décisions du pape Léon IX (1049-1054), devenu Saint Léon, qui aurait ordonné  lors d'un synode de Rome, la vente des épouses de prêtres comme esclaves devant le Palais du Latran.

Aujourd’hui leur situation n’est cependant pas enviable, car l’Eglise les ignore.

Les cas d’espèce sont multiples

Certaines femmes ne supportent pas les circonstances très difficiles dans lesquelles elles sont tenues de vivre. Avoir une vie cachée, prendre des rendez-vous secrets, faire l’amour à la dérobée… Elles ne veulent pas continuer à se désagréger psychologiquement et refusent de poursuivre une idylle aussi pénible.

Pour d’autres, la relation se perpétue. Le prêtre peut décider de ne pas renoncer à ses fonctions cléricales. Celui-ci se retrouve en pleine contradiction, d’une part il apparaît comme célibataire et d’autre part il vit avec une femme, mais toujours dans la clandestinité. Cette situation de concubinage est la plus généralisée. La compagne accepte difficilement ce double jeu, mais partage avec son compagnon ces conditions particulièrement ardues et désagréables. Elle ruine sa vie pour cet amour fou. Elle doit supporter des situations peu tolérables, jouer parfois le rôle de fausse femme de ménage.

Le problème se complique quand le couple décide (ou ne parvient pas à éviter) d’avoir un ou des enfants.

Pour l’Eglise, les prêtres courageux sont ceux qui, après avoir eu une relation affective et sexuelle avec une femme, l’abandonnent et retournent dans le droit chemin. La femme est laissée sur le bord de la route. S’il y a un enfant, il sera suggéré à la mère, par exemple, d’aller dans un foyer pour mères célibataires ou encore de remettre l’enfant à un orphelinat.

Certains évêchés disposent de certains fonds pour faire face aux difficultés et entretenir la mère et l’enfant. C’est souvent le cas lorsque la mère menace de tout dévoiler.

Le prêtre est bien entendu obligé de quitter la région pour ne plus revoir la femme et son enfant.  

Le prêtre peut aussi décider de renoncer à ses fonctions. Après le concile Vatican II, près de 100.000 prêtres ont ainsi renoncé à leur fonction.

Le Vatican a durci sa position

Aujourd'hui, le Vatican a durci sa position et l’assouplissement évoqué dans les années 1960 n’est plus de mise. Le prêtre doit abandonner sa fonction et se débrouille pour trouver un emploi. L’Eglise ne se préoccupe guère de ces hommes qui abandonnent leur poste. Le mariage est réservé à la piétaille et non à l'état-major général du Christ, écrivait Escriva de Balaguer.

Dans les Etats où le prêtre reçoit un traitement pour ses prestations ecclésiastiques, il peut espérer à la fin de sa vie que les années passées à l’Eglise peuvent être comptabilisées pour sa pension. Dans de nombreux pays, les salaires des prêtres diocésains sont supportés par les évêchés. Le prêtre « défroqué » perd pour ainsi dire tous ses droits dans l’Eglise.

Ce qui arrive souvent, c’est qu’à l’âge de la retraite, le prêtre se retire avec une compagne dans une ville où il est moins connu. L’Eglise n’a pas la possibilité de contrer ce comportement.

Dans de nombreux pays, des femmes de prêtres se sont regroupées dans des associations pour apporter un soutien aux prêtres et à leurs épouses, et pour militer en faveur de la suppression du célibat sacerdotal obligatoire. Ces femmes exercent un métier et sont en général des catéchistes ou assistantes paroissiales, des enseignantes, des femmes au foyer, des infirmières, des personnes remplissant des tâches administratives, ou encore des gouvernantes de la cure.

Ces associations réclament aussi le maintien de l’emploi des femmes au service de l’Eglise quand elles épousent un prêtre. Elles demandent la garantie d’une pension de retraite correcte pour les prêtres et religieux qui auraient décidé de vivre avec une femme. Elles souhaitent un allègement de la procédure des dispenses romaines, dispenses qui ne sont plus accordées qu’au compte goutte par rapport à la période 1963-1983.

Ces femmes de prêtres sont déroutées devant l’attitude de l’Eglise catholique qui permet aux pasteurs luthériens, et calvinistes mariés et aux prêtres anglicans mariés d’entrer dans l'Eglise catholique et de les ordonner. Deux poids, deux mesures.

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Liens Sites Web

Les sites Web portant sur les changements demandés dans l'Eglise catholique sont principalement édités en langue anglaise. On a cependant ce site édité également en français.

Les apôtres étaient-ils mariés?

Les évangélistes, s’ils évoquent les noms des apôtres, ne parlent pour ainsi dire pas de leur famille. Il n’y avait pas intérêt d’ailleurs à préciser que tel ou tel apôtre était marié et à mentionner l’état civil de chacun. C’est d’ailleurs tout à fait incidemment que l’on apprend que Pierre (Simon) avait une belle-mère, non pas parce que cela aurait été insolite d’avoir une belle-mère quand on était disciple de Jésus, mais simplement parce qu’elle fut guérie par Jésus. Les trois évangélistes rapportent la même histoire, dans une section narrative racontant une série de miracles de Jésus. Si la belle-mère de Pierre n’avait pas eu de la fièvre, on aurait pu nous faire croire que tous les apôtres étaient célibataires. C’est inouï, mais c’est ainsi. On apprend aussi que Pierre avait une maison et qu’il n’avait donc pas tout quitté pour suivre Jésus.

La dispense de la loi du célibat

Au début du 20ème siècle, la règle voulait que la dispense de l’obligation du célibat n’était jamais accordée au prêtre catholique, sauf pour des cas individuels extrêmes. Le prêtre qui vivait une relation amoureuse avec une femme devait soit décider de rompre avec celle-ci, soit de vivre clandestinement son amour, soit de quitter l’Eglise. La pression sur l’homme était immense et la désapprobation quasi unanime. Quant à la femme elle se condamnait, dans la mesure où elle acceptait d’avoir une relation suivie avec un prêtre, à une vie cachée, et dans l’hypothèse où elle était enceinte sa situation devenait dramatique.

Des religieuses violées par des prêtres

Soeur Maura O’Donohue a rédigé en 1994 un dossier transmis au Vatican dans lequel elle faisait part du comportement de prêtres qui ont obligé des religieuses à avoir avec eux pendant des années des relations sexuelles. C’est à la fin des années 80, que soeur Maura O'Donohue, religieuse médecin, prit ses fonctions de coordinatrice pour le sida au sein du Fonds catholique de développement outre-mer, organisme britannique membre de la Confédération Caritas. Elle recueillit durant six ans des informations auprès de médecins, de missionnaires, de religieuses et de prêtres. Les découvertes qu’elle fit furent pour le moins ahurissantes.

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