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For a Lady Pope

La Vierge Marie a-t-elle eu d'autres enfants?

Le sujet est toujours très controversé. A nouveau, nous allons nous pencher sur les textes du Nouveau Testament et en faire une lecture à l’abri de toute pression et sans arrière-pensée.

Commençons par Mt 12, 46. « Comme il parlait aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler ». Mc 3, 31 « Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler ». Lc 8, 19 : « Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l’aborder à cause de la foule».

Dans Mt 13, 55-56, la famille de Jésus est évoquée en ces termes : « Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères, Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? » Dans Mc 6,3 : « Celui-là n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de jacques, de Joset (variante de Jeseph), de Jude et de Simon ?  Et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »

L’Eglise catholique a enseigné que le terme « frères » utilisé dans les évangiles ne signifie pas qu’il s’agit de fils de Marie, mais de parents proches, comme par exemple des cousins, car l’hébreu et l’araméen utilisaient le terme « frère » pour désigner soit un frère soit un cousin.

Voilà ce que l’on nous a enseigné.

Jésus avait-il des frères ?

Quels sont les arguments avancés par certains théologiens pour affirmer que Jésus avait des frères ?

Ce qu’il y a d’étonnant, c’est qu’aucun texte ne nous affirme que Jésus était le seul fils de Marie. Quand Luc 2,7, écrit : « Elle enfanta son fils premier-né », cela ne voudrait-il pas dire en grec biblique qu’il y a des frères puinés ?

De plus, les Evangiles ont été écrits en grec, et non en araméen. Si les auteurs avaient voulu conserver le sens de cousin, ils auraient utilisé le terme grec cousin (« anepsios ») qui vise une parenté élargie et non le terme « frère » (« adelphos »).

Les épitres de Saint  Paul comme d’ailleurs les Actes des apôtres évoquent régulièrement Jacques, le frère de Jésus.

Il  y a différents Jacques dans le Nouveau Testament. Jacques, le fils de Zébédée, ou encore Jacques, le fils d’Alphée. Et il y a aussi Jacques, le frère du Seigneur. L’Eglise nous affirme que ce dernier serait le fils d’Alphée. De quoi perdre son latin.

Il paraît étrange cependant que Saint Paul parle de Jacques, qu’il désigne explicitement comme le frère de Jésus. Saint Paul était un fin lettré, il écrivait en grec et on ne peut pas dire qu’il traduisait de l’araméen en grec. Connaissait-il la différence entre adelphos (frère) et anepsios(cousin? Manifestement oui. Dans l’épitre aux Galates 1,19, il écrit : « Je n’ai pas vu d’autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère (adelphos) du Seigneur ». Dans l’épitre aux Colossiens 4,10, Saint Paul envoie ainsi ses salutations : « Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin (anepsios) de Barnabé, au sujet duquel vous avez reçu des instructions : s’il vient chez vous, faites lui bon accueil ». Saint Paul utilise bien à la fois le terme frère (adelphos) et le terme cousin (anepsios) quand il le faut. Pourquoi n’a-t-il pas écrit, Jacques le cousin (anepsios) de Jésus ? Cela aurait conforté la position de l’Eglise.

Après la mort du Christ, les Actes des apôtres et les épitres de Saint Paul rapportent que c’est Jacques, le frère du Seigneur, qui dirigea la communauté de Jérusalem. Dans les peuples sémites, la consanguinité a souvent joué un rôle déterminant. L’aspect du clan familial n’était pas à négliger. Si Jacques ne partageait pas toutes les idées de son frère Jésus et s’il respectait scrupuleusement la Loi juive, cela ne l’a pas empêché, semble-t-il, de prendre en main la destinée de cette communauté.

L’historien  Flavius Josèphe (né à Jérusalem aux environs de 37 et mort à Rome en 100 après JC), d'origine juive et de langue grecque, signale dans un passage des « Antiquités Juives » XX, 197-203 l’existence de Jacques. Le Sanhédrin fit comparaître « Jacques le frère (adelphos) de Jésus appelé le Christ » et le livra à la lapidation. Cette lapidation eut lieu en 62.

Pour en terminer avec ces termes de frères, sœurs et cousins, notons qu’Elisabeth, la mère de saint Jean-Baptiste est connue par tout le monde comme étant la cousine de Marie. Pourtant dans l’Evangile de Luc, on ne la présente pas comme la sœur de Marie, ce qui serait compréhensible selon l’interprétation de l’Eglise qui considère que l’on utilise toujours le terme frère ou sœur pour évoquer un cousin(e). Dans saint Luc, il est dit d’Elisabeth (1,36) qu’elle est une proche, une parente (συγγενὴς : suggenès) de Marie. Bizarre que dans ce cas-ci les évangélistes savent distinguer une sœur d’une parente.

Les sœurs de Jésus, dont on ignore les noms, sont également évoquées dans un sens explicite  de soeurs. Pourquoi les évangélistes n’utilisent-ils pas le terme de « suggenès » ?

La polémique persiste

La polémique sur les frères et les sœurs de Jésus remonte en fait au 4ème siècle quand saint Jérôme décida que « cousin » était la seule vraie interprétation, en opposition à la thèse défendue par Helvidius qui préconisait la notion de « frère ». L’interprétation de Jérome permettait de sauvegarder la virginité de Marie.

Pourtant dans l’Evangile de St Mathieu (1,23), il est dit à propos de Joseph en évoquant Marie : « Il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, il l’appela du nom de Jésus ». On peut comprendre que Mathieu sous-entend qu’après la naissance de Jésus, il la connut.

Tous ces arguments plaidant pour l’existence de frères de Jésus n’ont pas l’air de perturber ceux qui prétendent que les frères sont en fait des cousins. Pour ceux-ci, il faut remonter à l’origine des évangiles, donc à l’hébreu ou à l’araméen, ‘ah (ou ) signifiant indifféremment un frère de sang, un demi-frère, un neveu ou un cousin et les traductions grecques ont utilisé indifféremment adelphos et anepsios.

De plus, ils reprennent  les phrases de Jésus sur la croix qui avant de mourir, dit à sa mère : « Voici ton fils », en parlant de Jean, le disciple bien-aimé, puis, s’adressant à celui-ci : « Voici ta mère. » Si Marie avait eu d’autres enfants, ces paroles n’auraient pas été prononcées.

Bref, les diverses interprétations restent ouvertes.

Pour conclure, et pour mettre tout le monde d’accord, on peut dire que si certains d’entre vous estiment que Jacques était le frère de Jésus dans le sens grec du terme, ils ont suffisamment d’écrits pour en être convaincus. Ils n’iront pas en enfer pour cela. Si d’autres considèrent que Jacques, le frère du Seigneur, était  son cousin, libres à eux de le croire. Ils n’iront pas au paradis pour cela.

Ces discussions sont bien dérisoires par rapport au message évangélique et en sont éloignées.

La virginité perpétuelle de Marie

L’enseignement de l’Eglise catholique insiste sur le fait que Marie a été vierge avant la naissance, pendant la naissance et est restée vierge après la naissance de Jésus. Aucun texte biblique n’évoque la virginité pendant et après la naissance. Ce sont des considérations qui sont survenues au 4ème siècle et la virginité perpétuelle a été proclamée (comme une "vérité de Foi") au cours du deuxième concile de Constantinople en 553.  

A noter que dans les épitres de Saint Paul, il n’est jamais fait mention de Marie, la mère de Jésus. Manifestement ce n’était pas un souci de Paul, lui qui est considéré comme le véritable fondateur du christianisme.

Pour les Orthodoxes et les Catholiques, cette virginité préservait Marie du péché de la chair. Ce point de vue illustre bien la doctrine considérant toute relation sexuelle sous un aspect peccamineux, même dans l’optique d’assurer une descendance.

Que des Catholiques veuillent vénérer l’hymen perpétuel de la Vierge Marie, c’est leur droit. Les frères protestants ne suivent pas cette doctrine.

Immaculée conception

A tort, de nombreux chrétiens font l’amalgame entre virginité et immaculée conception. Il faut distinguer la virginité perpétuelle du dogme de l’immaculée conception de Marie défini le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX. Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ fut conçue exempte du péché originel. Cette affirmation vient de la notion du péché originel. Si le péché originel se transmet de génération en génération, Jésus en a été préservé du fait que sa mère est née sans péché.

Ce sont en fait des constructions théologiques qui ont été proposées en premier lieu par Saint Augustin au 4ème siècle et qui ont fait l’objet de nombreuses controverses, auxquelles la majorité des catholiques se sent aujourd’hui peu concernée, si ce n’est par ceux qui entretiennent une dévotion particulière à la mère de Jésus.

Pour terminer ce chapitre mariologique, c’est le 1er novembre 1950 que l’Assomption de Marie, a été établie sous forme de dogme par Pie XII. Au terme de sa vie terrestre, la mère de Jésus a été « élevée au ciel.

Toutes ces notions de virginité perpétuelle, d’immaculée conception de Marie et d’Assomption ne se trouvent nulle part dans les Ecritures.

Pie IX a-t-il toujours été inspiré par le saint Esprit ?

Deux mots sur le Pape Pie IX qui promulgua le dogme de l’Immaculée conception.  

En 1866, le Pape Pie IX signa une instruction du Saint-Office justifiant l’esclavage ainsi rédigée : «L'esclavage, en lui même, est dans sa nature essentielle pas du tout contraire au droit naturel et divin, et il peut y avoir plusieurs raisons justes d'esclavage, et celles-ci se réfèrent à des théologiens approuvés... Il n'est pas contraire au droit naturel et divin pour un esclave, qu'il soit vendu, acheté, échangé ou donné. »

Or, déjà en 1807, le Royaume-Uni avait voté, après vingt années de débats, l'abolition de la traite des esclaves. Par ailleurs, l'abolition de l'esclavage a été proclamée une première fois en France pendant la Révolution, à l'initiative de l'abbé Henri Grégoire, le 4 février 1794. Le deuxième décret de l'abolition de l'esclavage en France a été signé le 27 avril 1848 par le Gouvernement  provisoire de la deuxième république.

Le pape Pie XI a été proclamé bienheureux par l’Eglise catholique en 2000.

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